La gestion des congés Maroc obéit au Code du travail, la loi n° 65-99, dont le chapitre consacré au congé annuel payé (articles 231 à 259) fixe la durée des droits, la majoration d’ancienneté, l’organisation des départs, l’indemnité et le paiement. S’y ajoutent les articles 269 à 275 sur la naissance, la maladie et les absences pour événements familiaux, ainsi que les arrêtés d’application de 2005. Pour un DRH à Casablanca, une usine à Tanger ou un centre d’appels à Rabat ou Fès, l’enjeu est double : des compteurs exacts et une organisation des départs que l’inspection du travail peut contrôler. Voici les règles et la méthode.

Combien de jours le salarié acquiert-il ?

Sauf dispositions plus favorables du contrat, de la convention collective, du règlement intérieur ou des usages, tout salarié a droit, après six mois de service continu chez le même employeur, à un congé annuel payé de un jour et demi de travail effectif par mois de service, et de deux jours pour les moins de dix-huit ans (article 231). Sur douze mois, cela fait 18 jours de travail effectif pour un adulte.

Les « jours de travail effectif » sont les jours autres que le repos hebdomadaire, les jours de fête payés et les jours fériés chômés dans l’établissement (article 236). Pour mesurer la durée de service, un mois de travail correspond à vingt-six jours de travail effectif, ou à 191 heures dans les activités non agricoles et 208 heures dans les activités agricoles (article 238). Cette règle permet de traiter les temps partiels et les horaires variables, fréquents dans les centres d’appels et l’industrie.

Les périodes assimilées à du travail effectif

Ne sont pas déduites du congé : le congé de l’année précédente, le préavis de licenciement, les suspensions du contrat prévues aux points 1 à 5 de l’article 32, le chômage, la fermeture temporaire de l’établissement par décision judiciaire ou administrative ou pour force majeure, et les absences autorisées dans la limite de dix jours par an (article 239).

La majoration d’ancienneté

La durée du congé augmente d’un jour et demi de travail effectif par période entière de cinq ans de service, continue ou non, sans que le total dépasse trente jours de travail effectif (article 232). L’ancienneté s’apprécie à la date du départ en congé, ou à la date d’expiration du contrat lorsqu’une indemnité compensatrice est due (article 234).

AnciennetéCongé annuel d’un adulte (jours de travail effectif)
Moins de 5 ans18
5 ans19,5
10 ans21
20 ans24
Plafond légal30

Les demi-journées sont une source classique d’erreur dans les tableurs : décidez une fois pour toutes si vous les accordez telles quelles ou si votre convention arrondit au jour supérieur, et appliquez la règle partout.

Jours fériés, maladie et absences pour événements familiaux

La durée du congé est augmentée d’autant de jours qu’il y a de jours de fête payés et de jours fériés pendant la période de congé, et les interruptions pour maladie ne sont pas comptées comme congé (article 235). La liste des jours de fête payés est fixée par voie réglementaire (article 217). Les fêtes religieuses suivent le calendrier hégirien : leur date exacte n’est connue que peu de temps avant, d’où l’intérêt d’un calendrier mis à jour une seule fois pour tous les sites.

Le Code fixe lui-même les permissions d’absence pour événements familiaux (article 274) :

  • mariage du salarié : 4 jours ; mariage d’un enfant du salarié ou d’un enfant du conjoint : 2 jours ;
  • décès du conjoint, d’un enfant, d’un petit-enfant, d’un ascendant du salarié ou d’un enfant du conjoint : 3 jours ;
  • décès d’un frère, d’une sœur, d’un frère ou d’une sœur du conjoint ou d’un ascendant du conjoint : 2 jours ;
  • circoncision : 2 jours ; opération chirurgicale du conjoint ou d’un enfant à charge : 2 jours.

À la naissance, le salarié bénéficie d’un congé de trois jours, indemnisé par l’employeur qui se fait rembourser par la CNSS dans la limite prévue (articles 269 et 270). Le congé de maternité est de quatorze semaines. En cas de maladie, le salarié doit prévenir sous quarante-huit heures et fournir un certificat médical si l’absence dépasse quatre jours (article 271).

Organiser les départs : registre, affichage et délais

C’est le volet le plus contrôlé de la gestion des congés Maroc. Les dates sont fixées par l’employeur après consultation des délégués des salariés et, le cas échéant, des représentants syndicaux, en tenant compte de la situation de famille et de l’ancienneté (article 245). L’ordre des départs doit être communiqué à chaque salarié au moins trente jours avant son départ, affiché sur les lieux de travail et consigné dans un registre tenu à la disposition des salariés et de l’inspection du travail (article 246).

Un départ peut être avancé ou retardé avec l’accord du salarié, à condition de corriger le registre et d’en aviser l’agent de l’inspection du travail par lettre recommandée. Le congé peut être fractionné ou cumulé sur deux années consécutives d’un commun accord, mention faite au registre, sans qu’une fraction descende sous douze jours ouvrables incluant deux jours de repos hebdomadaire (article 240). Le salarié en CDD doit avoir pris tout son congé avant la fin du contrat (article 233), et le congé ne se confond pas avec le préavis (article 243).

Calculer l’indemnité de congé

Pendant son congé, le salarié perçoit une indemnité équivalente à la rémunération qu’il aurait perçue s’il avait travaillé (article 249), qui comprend le salaire et ses accessoires, en espèces ou en nature (article 250). Elle est versée au plus tard la veille du départ (article 259). Les modalités de calcul sont fixées par l’arrêté n° 344-05 du 9 février 2005, auquel renvoie l’article 258 : c’est lui qu’il faut suivre pour les primes variables et les salaires au rendement.

Exemple d’illustration

Prenons une téléconseillère de Rabat avec sept ans d’ancienneté : son droit annuel est de 19,5 jours de travail effectif. Si son congé couvre deux jours fériés, il est prolongé de deux jours. Si elle tombe malade trois jours pendant ce congé, ces jours, justifiés, ne sont pas décomptés du congé. Pendant toute la période, elle perçoit ce qu’elle aurait gagné en travaillant, primes habituelles comprises selon l’arrêté. Cet exemple illustre le décompte, pas un barème.

Rupture du contrat : l’indemnité compensatrice

Le salarié qui a au moins six mois de service continu et dont le contrat est rompu avant d’avoir pris son congé reçoit une indemnité compensatrice pour l’année en cours et, le cas échéant, pour les congés des deux années antérieures ; tout mois entamé compte comme un mois entier (article 251). Avec au moins un mois de travail, l’indemnité correspond à un jour et demi, ou deux jours pour les moins de dix-huit ans, par mois entier (article 252). Elle est due quel que soit le motif de la rupture (article 254), et versée aux ayants droit en cas de décès (article 257). Toute renonciation préalable au congé, même contre indemnité, est nulle (article 242).

Outiller la gestion des congés Maroc

Registre obligatoire, affichage trente jours à l’avance, demi-journées d’ancienneté, prolongation pour jours fériés, recrédit des jours de maladie, indemnité compensatrice sur trois exercices : un tableur tient difficilement toutes ces contraintes au-delà de quelques dizaines de salariés. Une gestion des congés Maroc conforme relie la demande, le registre et la paie.

Le module gestion des congés Maroc de Socium calcule les droits selon les règles paramétrées, reçoit les demandes depuis l’application mobile salarié, fait valider le manager et conserve l’historique des départs et des modifications. Il alimente la paie conforme au Maroc, qui calcule l’indemnité de congé et l’indemnité compensatrice. Les principes communs sont détaillés dans notre article sur la gestion des congés en entreprise, et le cycle mensuel dans notre guide de la gestion de la paie au Maroc.

Questions à poser en démo

  • Le compteur gère-t-il les demi-journées d’ancienneté et le plafond de trente jours ?
  • Les jours fériés et les jours de maladie pendant le congé prolongent-ils automatiquement le retour ?
  • L’ordre des départs peut-il être exporté comme registre et horodaté trente jours avant ?
  • L’indemnité compensatrice intègre-t-elle les reliquats des deux années antérieures ?

Questions fréquentes sur la gestion des congés Maroc

Combien de jours de congé par an au Maroc ?

Un jour et demi de travail effectif par mois de service, soit 18 jours par an pour un adulte, plus un jour et demi par tranche de cinq ans d’ancienneté, dans la limite de trente jours.

À partir de quand un salarié a-t-il droit au congé ?

Après six mois de service continu chez le même employeur ; votre gestion des congés Maroc doit bloquer ou signaler les demandes antérieures.

Peut-on reporter ses congés à l’année suivante ?

Oui, par accord entre le salarié et l’employeur, sur deux années consécutives au plus, avec mention au registre.

Un jour férié pendant le congé est-il perdu ?

Non, le congé est prolongé d’autant de jours fériés et de jours de fête payés qu’il en contient.

Ce qu’il faut retenir

  • La gestion des congés Maroc repose sur les articles 231 à 259 du Code du travail.
  • 1,5 jour de travail effectif par mois, 2 jours avant 18 ans, plus 1,5 jour par tranche de cinq ans, plafond de trente jours.
  • Jours fériés et maladie pendant le congé ne sont pas décomptés.
  • Ordre des départs communiqué trente jours avant, affiché et inscrit au registre.
  • Indemnité versée la veille du départ ; indemnité compensatrice due à la rupture, quel que soit le motif.

Le texte consolidé du Code du travail publié par le ministère de la Justice (portail Adala) est consultable en ligne. Pour voir ces règles paramétrées sur vos effectifs, réservez une démo personnalisée.

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